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Mère Teresa, un symbole d’unité pour le Kosovo

Au Kosovo, Mère Teresa est un symbole d’unité. La sainte est un modèle pour la petite communauté chrétienne et une figure pour le rayonnement du pays dans le monde entier. 

Une statue, une cathédrale et un boulevard… Les clins d’oeil à “Nënë Teresa” sont nombreux dans la capitale kosovare, ainsi que dans tout le pays. La sainte n’est pourtant pas née au Kosovo, seule la famille de sa mère en est originaire. Mais c’est à Letnica, un village de 500 habitants, près de la frontière avec la Macédoine du Nord que Mère Teresa aurait eu une vision. En 1928, dans l’église, la religieuse dit avoir été appelée par Dieu pour venir en aide aux personnes démunies.

Depuis, on vient de tous les Balkans en pèlerinage dans le village. Certains croyants affirment même avoir été miraculeusement guéris après leur passage près de l’effigie de la religieuse. Des couples infertiles, catholiques et musulmans, se déplacent aussi dans l’espoir de pouvoir avoir un enfant. Récompensée par le prix Nobel de la paix, canonisée par le pape François, Mère Teresa jouit d’une très grande popularité dans les Balkans, notamment au Kosovo.

Elle a brisé toutes les frontières, elle représente tout pour nous”, témoigne Agnese Mirdita. Cette jeune étudiante kosovare fait partie des 3% de la population catholique dans le pays. “Nënë Teresa” ou Agnes Gonxha Bojaxhiu, son vrai nom, est une idole dans le monde catholique local. “C’est un très bon exemple que l’on veut suivre. Nous l’aimons beaucoup ici”, insiste Agnese.

Vénérée au-delà du monde de la chrétienté

En 2010, la cathédrale de Pristina a été inaugurée sous le nom de Mère Teresa, en présence du président de l’époque, Fatmir Sejdiu. La même année, pour lui rendre hommage, ce musulman proclame « L’Année Mère Teresa ». Toutes les personnalités politiques et religieuses se réunissent alors pour la célébrer. Bâtie sur un ancien lycée, la cathédrale a été financée par les pays de la région et des dons de la population kosovare de toutes confessions.

Le père Don Lush Gjergji vicaire général de la province du Kosovo, est très fier de cet hommage. “Elle représente l’histoire de notre culture chrétienne, le modèle parfait de notre évangélisation. Elle disait “vivez le quotidien, dialoguez« . Elle a concrétisé le dialogue inter-religieux pour notre institution”, explique le prêtre, qui en est aussi l’un des biographes.

De fait, la “sainte de l’Amour” est vénérée au-delà du monde de la chrétienté. Au Kosovo, la majorité de la population a beau être musulmane, Mère Teresa est appréciée. “Ça nous donne de l’espoir, elle permet de faire parler de nous hors du pays”, témoigne Lisiana Mlenka. Professeure de confession musulmane, la trentenaire dit apprécier les gestes du pays envers la sainte, qui « sont très mérités« .

Mergim Reejki, aussi, reconnait l’apport de la sainte pour le rayonnement du pays. Mais ce commerçant, musulman lui aussi, souhaiterait que « Nënë Teresa » ne prenne pas toute la place. “Maintenant, il faut que le pays se fasse entendre grâce à d’autres personnalités. Le Kosovo a aussi beaucoup d’autres choses à offrir au monde. On n’a pas que Mère Teresa dans le pays!”

Poutchie Gonzales