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L’ONG qui incite les Kosovars à adopter des réflexes écolos

Au Kosovo, les questions écologiques ne mobilisent guère le gouvernement. Alors, la sphère citoyenne s’organise. Une association s’est donné pour mission d’éveiller les consciences et de prendre le problème à bras-le-corps.

Si les grands boulevards de Pristina sont immaculés, certains coins de rue de la capitale ressemblent à des déchetteries. Cannettes, bouteilles, emballages plastiques, boîtes de conserve… des amas de déchets donnent l’impression d’être là depuis toujours. Un problème qu’a remarqué Let’s do it Kosova, l’unique ONG officielle qui milite pour la préservation de l’environnement et qui revendique 5.000 adhérents.

Depuis 2012, ces derniers organisent des opérations de nettoyage dans des lieux stratégiques du pays, principalement des décharges illégales. L’objectif: éveiller les consciences sur le développement durable. “Le plus gros challenge environnemental aujourd’hui au Kosovo, c’est le recyclage, affirme Sherfi, jeune salariée de l’association. Nous devons commencer à trier nos déchets, et c’est ce que nous essayons de faire comprendre aux gens.

Let’s do it Kosova organise des collectes de déchets, comme en janvier dernier au lac de Badovac, à quelques kilomètres de Pristina. (Crédit photo : Let’s do it Kosova)

« L’environnement représente 1% du budget annuel de l’Etat, affirme Luan, le fondateur et directeur de Let’s do it Kosova. Ça donne un aperçu de l’implication des pouvoirs publics face au problème, ils n’en font pas assez. Du coup, j’ai l’impression que c’est devenu notre travail de nous occuper de tout ça. » Le gouvernement manquerait-il d’ambition en la matière ? Impossible à confirmer, le ministère de l’Environnement n’ayant pas répondu à nos sollicitations.

En plus de dénoncer le manque d’actions concrètes de l’exécutif, Luan pointe du doigt la mauvaise gestion des déchets par les collectivités. L’année dernière pourtant, les municipalités des plus grandes villes du pays avaient organisé une campagne de prévention en placardant des affiches sur le tri des déchets dans certains quartiers. « Mais au final, le camion à ordures a tout mis dans la même benne, donc ça n’a servi à rien, raconte le militant. Ils n’avaient pas du tout anticipé ce problème. » Pour l’association, l’enjeu n’est donc pas seulement de légiférer en faveur de l’environnement, mais surtout d’investir concrètement pour le préserver.

L’espoir de la jeunesse

L’année dernière, le Kosovo a lui aussi été impacté par le mouvement des jeunes pour le climat, mené par la militante suédoise Greta Thunberg. D’après Let’s do it Kosova, une centaine de lycéens et étudiants ont défilé dans les rues de Pristina. « D’une manière générale, les jeunes sont très impliqués, assure Sherfi. C’est aussi pour cela qu’on organise des activités et des campagnes de prévention dans les écoles. » Le challenge étant de leur apprendre certains réflexes sur le tri des déchets, qu’ils peuvent ensuite appliquer chez eux. Au Kosovo, avec l’aide de leurs aînés, les jeunes peuvent ainsi prendre en main les problématiques environnementales.

Alice Ancelin


Crédit photo : Alice Ancelin