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La formation des futurs journalistes kosovars

Depuis l’explosion des médias en ligne, l’université de Pristina a revu son programme pour les étudiants en journalisme. Ils sont optimistes quant à leur avenir dans le métier et estiment que la presse est relativement libre. 

« Je veux mettre en lumière des choses dont on ne parle pas assez. Dire la vérité aux gens pour qu’ils ne puissent plus être manipulés ». C’est ce qui sert de moteur à Blend Aliu, étudiant en journalisme à l’université de Pristina.

La majorité de la presse kosovare jouit d’une grande liberté d’expression. Certains médias ont une ligne politique affirmée, analyse Remzie Shahini-Hoxhaj, directrice du département de journalisme de l’université de Pristina : « des reportages sont parfois faits sur commande, après des pressions politiques et économiques, entre autres ». 

« Avec le développement de la technologie et l’ouverture de médias en ligne, il y a de bonnes opportunités pour les journalistes au Kosovo » lance Albane Hajdani, journaliste à l’agence de presse Ekonomia Online. Le Kosovo fait partie des pays les moins peuplé d’Europe, mais compte de très nombreux médias. Les chaînes de télévision sont une vingtaine. Elles sont le principal moyen d’information. Et avec l’arrivée d’Internet, le nombre de médias en ligne a explosé : « on en compte aujourd’hui plus de 350 » précise Remzie Shahini-Hoxhaj. 

Après la guerre et une longue période de censure, au temps de la Yougoslavie, la presse kosovare s’est inspirée des médias occidentaux. À l’université de Pristina, la présence internationale se fait sentir. C’est l’ambassade des États-Unis qui a financé, sur appel à projet, le « Médialab » le studio de télévision et salle de montage de l’école de journalisme.

La faculté de philologie de Pristina, centre de formation des étudiants en journalisme.
(© Iris Tréhin)

La formation des futurs journalistes kosovars est très similaire à celle délivrée en France. Les étudiants suivent à la fois des cours pratiques et théoriques, produisent des reportages et s’initient à divers supports : presse écrite, web, télévision, radio…

Faire une formation n’est pas obligatoire pour devenir journaliste, même si la plupart des professionnels passent par une école. Il existe un seul établissement public proposant ces études au Kosovo : l’université de Pristina dont la sélection se fait sur concours.

Mais deux écoles privées forment aussi des journalistes. Les frais y sont plus élevés : autour de 100 euros par mois, contre 25 par semestre à l’université. La principale différence, c’est que les études commencent tout de suite après le lycée, contrairement à la France où la plupart des écoles reconnues recrutent à Bac+3.. 

Pointer du doigt certains dysfonctionnement du pays est aussi ce qui stimule Gentiania Ahmeti. En parallèle de ses études à l’université de Pristina, elle est stagiaire pour BIRN (Balkan Investigative Reporting Network), un réseau de médias en ligne présent dans divers pays des Balkans. Elle y travaille 4 à 5 heures par jour. Après ses études, elle souhaite travailler pour un site comme BIRN, et se spécialiser sur l’éducation, domaine dans lequel elle juge que « beaucoup de choses doivent être améliorées ».

Comme nombre de leurs camarades, Blend Aliu et Gentiania Ahmeti aimeraient faire leur master à l’étranger. Avant tout pour s’ouvrir à de nouvelles perspectives et cultures, mais aussi parce que « certaines universités ont de meilleurs programmes qu’au Kosovo et si j’y travaille, je serai mieux payé » lance Blend Aliu. 

Iris Trehin

Crédit photo Iris Trehin