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Dua Lipa veut soutenir les jeunes talents musicaux du Kosovo

La chanteuse d’origine albanaise a créé la Sunny Hill Foundation pour aider les jeunes artistes au Kosovo à se lancer dans la musique. Après le succès de son festival à Pristina, Dua Lipa créé désormais un centre culturel et un concours de jeunes talents.

A seulement 24 ans, Dua Lipa a déjà 35 prix musicaux à son actif, dont deux prestigieux Grammy Awards. Connue dans le monde entier pour ses chansons New Rules et One Kiss, la pop star fait la fierté du Kosovo. Et pour cause : elle est d’origine albanaise. Née à Londres de parents kosovars, Dua Lipa a passé son adolescence à Pristina, dans une école privée du quartier de Sunny Hill. C’est d’ailleurs le nom qu’elle a donné à sa fondation caritative, la Sunny Hill Foundation, créée en 2016 avec son père, Dukagjin Lipa.

L’ancien chanteur du groupe de rock ODA, qui a connu son heure de gloire au Kosovo dans les années 1990, préside aujourd’hui la fondation familiale. « L’idée est venu d’un concert de remerciement pour les fans albanais de Dua, avant que sa carrière internationale ne décolle, nous explique-t-il. On a collecté 100.000 euros pour des associations caritatives, et on s’est dit qu’on devrait faire quelque chose pour notre pays, qu’il faudrait le remercier au quotidien. »

Dans la famille Lipa, le père et la fille partagent la même devise : « si tu peux aider, tu dois le faire. » Après avoir lancé le premier grand festival de musique du pays, le Sunny Hill Festival, Dua et Dukagjin Lipa travaillent désormais à la création de la Sunny Hill Academy à Pristina, un lieu pour permettre aux jeunes Kosovars d’exploiter leurs talents musicaux.

Un centre culturel à disposition des jeunes de Pristina

Lors de la création de la fondation en 2016, Dua Lipa avait déjà annoncé 150.000 dollars de financement pour un centre culturel dédié à la jeunesse. Quatre ans et 250.000 euros plus tard, le projet prend enfin forme. La Sunny Hill Academy mettra à disposition de tous des cours de musique, des studios de répétition, un amphithéâtre pour des sessions acoustiques et deux studios d’enregistrement professionnels. « Toutes ces infrastructures pourront être utilisées par les jeunes talents du Kosovo, affirme Dukagjin Lipa. On espère aussi que de gros artistes internationaux viendront enregistrer des morceaux à Pristina. »

En accord avec la mairie, la Sunny Hill Academy prendra racine au Palais des sports et de la jeunesse de Pristina, encore en rénovation. Pour le moment, aucune date d’ouverture n’a été fixée, car la fondation doit d’abord obtenir l’approbation du gouvernement pour le budget. Compliqué dans un pays privé d’exécutif pendant quatre mois. « Maintenant qu’on en a un, les affaires vont reprendre, on espère avoir une date d’ouverture avant le prochain Sunny Hill Festival cet été », indique Dukagjin Lipa

Avec ce nouveau lieu dédié à la musique, Dua Lipa et son père espèrent donner aux graines d’artistes kosovares les mêmes chances que les jeunes Européens. « On essaye d’amener l’Europe au Kosovo, en espérant qu’un jour les Kosovars pourront voyager librement et s’inspirer des pratiques musicales d’autres pays, pour les ramener ici« , explique le président de la fondation.  

Un tremplin vers une carrière musicale 

Pour patienter jusqu’à l’ouverture de la Sunny Hill Academy, un concours de jeunes talents a été lancé en janvier 2020. Ouvert aux chanteurs, musiciens, compositeurs et producteurs de 13 à 17 ans, le concours offrira aux trois gagnants des masters classes de musique pendant quatre semaines à l’OCS Institute of art and innovation de Los Angeles.

Pour beaucoup de Kosovars, Dua Lipa est un symbole de réussite. Pourtant, elle est issue d’une famille privilégiée. Crédit photo : Sunny Hill Foundation

Drilon Aliu, 17 ans, est un des quelques 300 candidats au concours de la Sunny Hill Foundation. Passionné de rock, il joue de la guitare depuis ses 12 ans et espère un jour pouvoir sortir son propre album. Avant d’envoyer sa candidature, le jeune guitariste a répété non-stop pendant quatre jours.

Pour lui, ce concours représente un véritable tremplin, et une porte de sortie vers l’international : « Si je gagnais, j’apprendrais tellement de choses, je pourrais enfin enregistrer les chansons que j’ai composées. Aller aux Etats-Unis pour faire de la musique à 17 ans, ça serait mon rêve qui deviendrait réalité. » Dans sa chambre d’adolescent, Drilon Aliu attend les résultats du jury, plein d’espoir. Le verdict doit tomber d’un jour à l’autre. 

Albane Guichard